Les lieux réels angevins

Le château de Saumur

Parmi tous les lieux historiques évoqués dans “La malédiction de la Pie-grièche”, il y en a un qui tient un rôle central : le château de Saumur.

Si le château est présent dans l’intrigue du domaine viticole, c’est dans celle de Mathilde qu’il est le plus présent. Pourtant, vous aurez peut-être remarqué que ses descriptions divergent.
Il faut dire que l’histoire de Mathilde, en 1327, se déroule à un tournant important dans l’histoire de cette forteresse

En savoir plus sur le château de Saumur

Les premières fortifications datent du Xe siècle et furent érigées par Thibaud Ier, comte de Blois, qui autorisa les moines chassés de l’abbaye de Saint-Florent-le-Vieil (entre Nantes et Angers) à s’y installer.

Puis, en 1227, le château de Saumur devint forteresse royale de Saint-Louis. Les fortifications et le mur du boile furent renforcés, le donjon désormais entouré de quatre tours rondes reliées par des courtines.

Cette configuration resta en place jusqu’en 1368, date à laquelle Louis Ier d’Anjou décida de rehausser les quatre tours rondes pour leur donner une forme octogonale. Le donjon au centre de la cour fut également rasé.
Alors que la Guerre de Cent Ans bat son plein, le château de Saumur devint un palais de plaisance. Néanmoins, grâce à sa position stratégique au sommet du coteau, face à la Loire, il ne fut jamais pris.

Le château connut encore plusieurs vagues de travaux après le XIVe siècle, mais il conserve aujourd’hui l’allure dépeinte sur “Les très riches heures du duc du Berry” (image ci-dessus).

Pourtant, si vous visitez ce château, vous remarquerez que le dallage de la cour intérieure marque le contour de l’ancien donjon.

L’abbaye royale de Fontevraud

Déjà évoquée à plusieurs reprises dans « La malédiction de la Pie-grièche », l’abbaye royale de Fontevraud joue un rôle majeur dans le tome 2 de « La Pie-grièche », en particulier le prieuré de Saint-Lazare.

En savoir plus sur l’abbaye de Fontevraud

Ce monastère bénédictin fondé en 1099 par Robert d’Arbissel au beau milieu de la forêt de Born (dite « forêt de Tranche-col) avait la particularité d’être double et non-mixte : les moines habitaient le prieuré de Saint-Jean de l’Habit, tandis que les moniale occupaient le reste des lieux. C’est dans les mains de l’abbesse que reposait le pouvoir. (cf. Les figures historiques).

Devenue nécropole des Plantagenêts en 1189, l’abbaye est mondialement connue pour ses quatre gisants : Henri II d’Angleterre, ses enfants Richard Coeur de Lion et Jeanne d’Angleterre, sans oublier son épouse, la légendaire Aliénor d’Aquitaine, la femme la plus cultivée de son temps !

L’église Notre-Dame de Nantilly (Saumur)

Théâtre d’évènements dramatiques dans « La malédiction de la Pie-grièche », la première mention écrite de l’église de Nantilly remonte au XIe siècle. Elle a cependant été rebâtie au XIIe siècle, puis agrandie au fil des siècles.

Au XIVe siècle, elle subit une importante transformation du transept, sans qu’aucun document d’archive n’en explique la raison. Si vous avez lu « La malédiction de la Pie-grièche », vous savez quelle est ma version des faits. Si vous ne l’avez pas encore fait, qu’attendez-vous pour la découvrir ?

L’abbaye de Saint-Florent-lès-Saumur

Citée à plusieurs reprises dans « La malédiction de la Pie-grièche », tour à tour dans l’intrigue médiévale et dans l’intrigue contemporaine, il ne reste aujourd’hui plus que des ruines de l’abbaye de Saint-Florent-lès Saumur.

En savoir plus sur l’abbaye Saint-Florent-lès Saumur

À l’origine, cette congrégation exclusivement masculine fut fondée au VIIIe siècle à Saint-Florent-le-Vieil, à mi-chemin entre Nantes et Angers. Mais les invasions normandes remontant la Loire poussèrent les moines à s’enfuir en emportant les reliques de Saint-Florent.

Ils s’installèrent d’abord à l’intérieur du château de Saumur (alors une motte castrale) et donnèrent à l’abbaye le nom de Saint-Florent-du-château. Malheureusement, en 1026, Foulques Nera assiégea la forteresse et chassa les Bénédictins.

L’abbaye trouva alors son emplacement définitif sur les bords du Thouet sous le nom de Saint-Florent-le-Jeune (ou encore Saint-Florent-lès-Saumur). Elle exerça par la suite un pouvoir considérable lors du Moyen Âge et en particulier lors de la Guerre de Cent Ans, où elle se mute en véritable forteresse, avant d’être prise par les huguenots au XVe siècle et laissée à l’abandon.

L’histoire de l’abbaye s’acheva définitivement par sa destruction au cours de la Révolution française. Les douzes derniers frères quittèrent la vie monacale et la commune fusionna avec celle, voisine, de Saint-Hilaire-l’abbaye pour former l’actuelle Saint-Hilaire-Saint-Florent, où se trouvent encore ces vestiges.

Les archives départementales du Maine-et-Loire (Angers)

« Que vous ayez un doctorat en histoire ou un CAP de plomberie, ça n’a pas d’importance : vous avez exactement les mêmes droits. » Cette phrase issue de « La malédiction de la Pie-grièche » est en vérité une citation authentique, prononcée par l’un des employés des archives départementales du Maine-et-Loire et que j’ai eu la chance d’entendre moi-même lors d’une exposition commentée sur les Codex.

En savoir plus sur les Archives départementales du Maine-et-Loire

Ces archives sont situées au 106 rue de Frémur, à Angers, et sont consultables par tout un chacun.
Pour celles et ceux qui, comme moi, peuvent difficilement se déplacer pour consulter les documents sur place, vous avez accès à une très grande partie des archives en ligne.

Et si l’envie vous prend de rechercher les documents excavés par le père Saumoussay, sachez qu’ils n’existent pas, mais je leur ai trouvé une petite place sur les foliots 117 verso et 118 recto-verso :

Série H – Clergé régulier / H 1833 à H 3768 – Archives ecclésiastiques, clergé régulier (Marc Saché, 1926, abbaye Saint-Florent de Saumur, avec table) / p. 183 (H3715) (= p. 127(sur 153) du cartulaire, car les feuillets ne sont pas reliés dans l’ordre).

Le château d’Angers

Aussi appelé « le château des ducs d’Anjou« , la forteresse angevine protège en son sein l’un des trésors les plus précieux du Moyen Âge : la tenture de l’Apocalypse. Et mon petit doigt me dit que celle-ci va se retrouver au coeur du tome 2 de « La Pie-grièche »

En savoir plus sur le château d’Angers

Dressé sur un promontoire de schiste sur les bords de la Maine, le château fort que l’on peut encore visiter aujourd’hui a été bâti dans les années 1230 sur ordre Blanche de Castille, la mère du futur Saint-Louis, pour protéger les frontières du Royaume de France (alors dirigé par les Capétiens) contre les tentatives d’invasions des Plantagenêts.

Le château évolu au fil des siècles et de ses occupants, les ducs d’Anjou, avec la construction de bâtiments gothiques à l’intérieur de l’enceinte. Et à la fin du XIVe siècle, Louis Ier d’Anjou passe commande d’une immense tapisserie pour décorer la forteresse : la tenture de l’Apocalypse.

Si la tapisserie exposée dans les entrailles du château d’Angers a été morcelée et certaines pièces perdues, peut-être à jamais, cette oeuvre colossale mesurait à l’origine 140m de long et 6m de hauteur pour un total de 850m². Elle est divisée en 6 pièces, constituées chacun de 14 scènes précédées d’un grand personnage qui raconte l’histoire. Mais de quoi parle-t-elle au juste ?


La tenture de l’Apocalypse, comme son nom l’indique, rentranscrit le Livre de l’Apocalypse selon Saint Jean. Il s’agit en fait d’une métaphore.
En vérité, la tapisserie parle d’évènements concrets et contemporains de son commanditaire : la Guerre de Cent Ans, la Grande Peste et les famines qui s’en sont suivies.

Mais se pourrait-il qu’un autre message soit dissimulé dans ces tapisseries ? Pour le savoir, rendez-vous bientôt dans le tome 2 de « La Pie-grièche »

La cathédrale Saint-Maurice (Angers)

Photo par Emmanuelle Collado, Inrap

Située elle aussi en bord de Maine, à quelques minutes seulement du château d’Angers, la cathédrale Saint-Maurice fut érigée sur les vestiges d’une église du Ve siècle dans un style gothique.

En 2026, une toute nouvelle galerie a été inaugurée devant le portail ouest (l’entrée principale), dans un style moderne loin de faire l’unanimité. Néanmoins, des fouilles ont dû être réalisées en amont par l’Institut national de recherches archéologiques préventies (Inrap), et on y a fait une découverte que vous retrouverez bientôt dans le tome 2 de « La Pie-grièche »

La place Sainte-Croix (Angers)

La place Sainte-Croix est l’un des lieux les plus célèbres du centre ville d’Angers grâce à la présence de la Maison d’Adam. Cette dernière ayant été tout récemment restaurée, je n’ai pas pu resister à la tentation de l’introduire dans le tome 2 de « La Pie-grièche » pour une scène a priori anodine, mais dont le choix du lieu va se révéler capital par la suite.

En savoir plus sur la Maison d’Adam

La Maison d’Adam est l’une des quarantes maisons en pan de bois (ou à colombage) rescapées des grands travaux de modernisation de la ville entreprits au XIXe siècle.

La technique du pan de bois consiste en une ossature de bois, dont les espaces sont remplis le plus souvent par du torchis, ou encore par des tuiles ou des moellons (pierre de calcaire). Elle permet de superposer des étages en encorbellement, c’est-à-dire que les étages sont plus larges que les niveaux inférieurs.
Cette pratique a pour origine un impôt qui ne s’appliquait qu’à la surface au sol : ainsi, il était plus économique d’avoir un rez-de-chaussée étroit et de construire par-dessus des étages un peu plus spacieux.

Mais ce qui rend la Maise d’Adam si spéciale, ce sont ses sculptures qui ornent la façade. Autrefois, des figures d’Adam et Ève ont donné son nom à la bâtisse, mais malheureusement, le temps a eu raison d’elles.
Il y en une quarantaine de sculptures en tout. Le Tricouillard est le plus célèbre de toutes, mais je vous laisse le chercher vous même lors de votre prochaine visite à Angers !

Bonus : La rue du commerce (Souzay-Champigny)

Ce lieu n’est pas cité dans la duologie, en revanche j’y ai filmé des passages du booktrailer de « La malédiction de la Pie-grièche », alors si vous passez dans le Saumurois et avez envie de découvrir gratuitement des troglodytes, il existe un parcours aménagé pour piétons et vélos par la commune de Souzay-Champigny.

Il s’agit d’une ancienne rue où se concentraient jadis les commerces d’un village datant du Xe siècle et creusée parallèlement à la Loire. Elles ont été abandonnées au cours du XIXe et XXe siècles lorsque les habitants se sont installés en surface, hors des troglodytes.

Je vous conseille chaudement cette promenade, qui mène jusque dans les vignes !